Préliminaires

LANGUE DE BOIS OU HONNETETE

Il n'est, semble-t-il, que 2 façons de s'adresser aux électeurs. La première façon si l'on veut, qui est la plus courante, consiste à lui déverser un amas de banalités qui, certes, pourra satisfaire les moins avertis mais qui, certainement, dégoûtera les autres.

Du flou, des faux-fuyants, de la langue de bois, de seules grandes idées générales, du fumeux, du vaseux, tout cela se révèle, en effet, largement insuffisant pour qui désire vraiment savoir à quoi veut en venir son élu.

Bien sûr, on vous répondra que le mandat des élus n'a toujours été qu'un mandat représentatif, non un mandat impératif.

Bien sûr, on vous répondra, ici plus discrètement, sans entrer dans les détails, que c'est s'exposer à toutes les critiques, et que le mieux, pour prendre ses décisions, en guise de conscience politique, est de s'en remettre ... , bêtement d'ailleurs, aux ... instituts de sondage !

Bien sûr, on vous répondra, alors vraiment sous cape, que les électeurs n'en demandent pas tant: «Pourvu qu'on leur fournisse des places, et de quoi s'en mettre plein les poches, c'est suffisant. »

On voit à quoi on en arrive.

Non, vraiment, adoptons plutôt la deuxième méthode.

Soyons nets. Soyons clairs. Soyons concrets. Soyons honnêtes. Soyons transparents. Ayons le courage de présenter un véritable projet.

Du reste, en définitive, nous n'en serons que plus confortés. En effet, mis au pied du mur, alors, au moins, nous saurons où est notre devoir. Aucune hésitation parce qu'aucune impréparation.

Puis, aussi, par ce fait, nous aurons notre récompense, car, comme le concluait si bien, l'autre jour, le 5 novembre 1998, en page 18 du quotidien « Le Monde », un groupe de professeurs, « il y a toujours un moment où la démagogie doit rendre des comptes. »

Enfin, pour tout dire, conduisons-nous, non plus en politicards ni même en politiciens, mais en véritables hommes politiques.

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