ORAGE

Mais, un après-midi, sur le village, éclata un orage formidable. Bien sûr, je me trouvais dans l'immense salle de séjour qui, entre deux chambres, constituait la pièce principale de la maison de mes grands-parents. Et, pour voir s'écouler l’eau, je m'étais approché de la fenêtre qui, au milieu du mur du fond, ouvrait directement sur le talus de la rue. Quelle ne fut pas ma stupéfaction de découvrir, au lieu de quelques ruisseaux paisibles, tout un puissant torrent d'eau boueuse et bouillonnante!
Le soleil était revenu. Alors, à la fenêtre qui donnait sur la cour, dans son éclatante blouse blanche, accourant de sa pharmacie - du bout de la chaumière, j'ai vu passer mon père. Triomphant, il apportait pour moi, dans une large coupe, telles .des pralines d'argent, de splendides grêlons gros comme des noix. Je me figurais être en présence d'un énorme tour de magie. J'étais tout émerveillement et toute joie. Et, tout à la fois, j'admirais et remerciais mon père de ce geste si délicat. Hélas! aujourd'hui, il n'est plus là : tant ému, je lui rappellerais ce délicieux souvenir!

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